bonjourkumiko.com

Guide-interprète français – japonais à Kyoto

kintsugi – Art de la résilience

Le « kintsugi » est une technique de réparation qui consiste à assembler des objets brisés à l’aide de laque, puis à en souligner les fissures avec de la poudre d’or. Il s’est développé et diffusé dans le contexte de la culture du thé à l’époque Muromachi (14e-16e siècles).

À cette époque de guerres, les seigneurs récompensaient leurs vassaux en leur offrant des objets précieux, notamment des ustensiles de thé. Il semble toutefois que leur valeur ait parfois été amplifiée afin de renforcer le prestige de ces récompenses.

Avec la fin des conflits et l’unification du pays, ces objets, autrefois signes de récompense, devinrent des marqueurs de raffinement culturel. Les samouraïs se mirent alors à rivaliser dans des domaines autres que la guerre, en particulier dans les arts.

Cependant, à cette époque, les techniques de poterie japonaises n’atteignaient pas encore le niveau de celles de Chine ou de la péninsule coréenne, et ne permettaient pas toujours de produire des pièces adaptées à la cérémonie du thé.

On utilisait donc principalement des objets importés, souvent déjà fragilisés à leur arrivée ou susceptibles de se briser à l’usage. Dans ce contexte, la nécessité de réparer et de réutiliser ces poteries précieuses s’imposa naturellement.

C’est lorsque Sen no Rikyū reconnut la valeur du kintsugi que les objets restaurés commencèrent à être appréciés pour leur caractère unique. Il a apprécié les bols réparés au kintsugi pour leur esthétique du wabi-sabi : les traces de fissures témoignent du temps que les pièces ont traversé. De plus, les objets restaurés peuvent devenir plus résistants qu’avant d’être brisés.

Cependant, une autre explication est parfois avancée.

À cette époque, on accordait parfois plus de valeur aux objets d’art qu’aux serviteurs eux-mêmes : briser une pièce précieuse pouvait entraîner une condamnation à mort. Dans ce contexte, on raconte que Rikyū aurait cherché à retarder l’exécution, afin de laisser le temps à la colère du seigneur de s’apaiser pendant la réparation de l’objet.

Kumiko

Un superbe ouvrage écrit par Céline Santini, dans une perspective spirituelle.

Le kintsugi n’est pas seulement une technique esthétique : il a aussi une dimension spirituelle.
De retour dans votre pays, vous pourrez continuer à mettre en pratique ce que vous aurez appris lors de l’atelier.

Pourquoi ne pas participer à un atelier au Japon pour vous y initier ?

PAGE TOP