kintsugi – Art de la resilience

Le « kintsugi » est une technique de réparation qui consiste à assembler des objets brisés à l’aide de laque, puis à en souligner les fissures avec de la poudre d’or. Cependant, une technique plus ancienne, appelée « urushi-tsugi », consistant à réparer uniquement à la laque, existe depuis l’époque Jōmon.

Le kintsugi s’est développé et diffusé dans le contexte de la culture du thé à l’époque Muromachi. À cette époque de guerres, les seigneurs récompensaient leurs vassaux en leur offrant des objets précieux, notamment des ustensiles de thé. Il semble toutefois que leur valeur ait parfois été amplifiée afin de renforcer le prestige de ces récompenses.

Avec la fin des conflits et l’unification du pays, ces objets, autrefois signes de récompense, devinrent des marqueurs de raffinement culturel. Les samouraïs se mirent alors à rivaliser dans des domaines autres que la guerre, en particulier dans les arts.

Cependant, à cette époque, les techniques de poterie japonaises n’atteignaient pas encore le niveau de celles de Chine ou de la péninsule coréenne, et ne permettaient pas toujours de produire des pièces adaptées à la cérémonie du thé.

On utilisait donc principalement des objets importés, souvent déjà fragilisés à leur arrivée ou susceptibles de se briser à l’usage. Dans ce contexte, la nécessité de réparer et de réutiliser ces récipients précieux s’imposa naturellement.

C’est lorsque Sen no Rikyū reconnut la valeur du kintsugi que les objets restaurés commencèrent à être appréciés pour leur caractère unique.

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