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Guide-interprète français – japonais à Kyoto

Atelier d’un graveur de pochoir

Connaissez-vous la technique de teinture appelée « katazome » ?

Avant l’apparition des imprimantes à jet d’encre et de l’impression laser, les motifs des kimonos étaient soit peints à la main, soit réalisés au pochoir.

La peinture à la main consiste à dessiner directement sur le tissu, ce qui donne naissance à une pièce unique. Le katazome, quant à lui, est une technique conçue pour réaliser des motifs répétitifs ou très serrés, difficiles à réaliser à la main.

Le katazomé possède une très longue histoire depuis des siècles, comme en témoignent des traces remontant au VIIe siècle.

S’il se développe à l’époque d’Edo, ce n’est qu’à partir de l’ère Meiji qu’elle s’associe pleinement aux kimonos de prestige appelés « yūzen ».

Le yūzen, né à Kyoto par un artisan de l’éventail Miyazaki Yūzen-sai, est une technique emblématique permettant de créer des motifs aux couleurs vives, aux lignes fines et aux dégradés subtils, obtenus grâce à une pâte de réserve empêchant la diffusion de la teinture.

Parmi ses principales écoles figurent le Kyō-yūzen, le Kaga-yūzen et le Tōkyō-yūzen, connus comme les « trois grands yūzen du Japon ».

On dit que ce n’est qu’après la guerre que les kimonos teints selon la technique du yūzen sont devenus accessibles à un large public. Autrefois, les kimonos en yūzen peints à la main étaient des articles de luxe inaccessibles au commun des mortels ; à l’époque d’Edo, ces somptueux kimonos n’étaient portés que par une élite restreinte, composée notamment de daimyō, de courtisans et de quelques riches marchands.
On considère que c’est l’apparition du katayūzen (Yūzen au pochoir), au début de l’ère Meiji (19e siècle), qui a permis aux classes populaires d’accéder à ce type de yūzen, jusque-là considéré comme inaccessible.

(…)
La première étape du processus de teinture au pochoir est assurée par le dessinateur, qui conçoit les motifs, puis par le pochoiriste, qui fabrique les pochoirs à partir de ces dessins. Cependant, il ne reste aujourd’hui qu’un nombre très limité de pochoiristes.
« La situation évolue très rapidement, même au cours de cette dernière année. Si vous ne venez pas nous rencontrer rapidement, il n’y aura bientôt plus personne à qui parler. »

D’après Ayako Fujita, 『京都の染め職人たち – 「ほんまもん」を生みだす技』

C’est peut-être aujourd’hui, ou jamais, que vous aurez l’occasion de visiter l’atelier de cet artisan spécialisé dans la gravure de pochoirs.

Venez découvrir l’atelier de M. Nishimura, graveur de pochoirs de deuxième génération : vous pourrez lui poser vos questions sur le kimono et découvrir de près ses précieuses réalisations.

Il cherche également à moderniser sa technique, et il voudrait faire connaître son métier car il sait très bien que c’est un métier à disparaître. Son travail ne nécessite que des pochoirs, un couteau et un espace bien éclairé ; c’est pourquoi il a été invité à plusieurs reprises en Europe, notamment en France, et en Italie où il a réalisé des démonstrations.

Au-delà du kimono, il collabore également avec d’autres artistes. C’est un artisan qui incarne à la fois la tradition et l’innovation.

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